Toujours plus de preuves d’un lien entre pollution atmosphérique et démence

La méta-analyse la plus complète à ce jour

Une revue systématique et une méta-analyse publiées dans The Lancet Planetary Health (2025) se sont penchées sur le lien entre l’exposition prolongée à la pollution atmosphérique et la démence. [1] L’analyse a porté sur 32 études menées auprès de plus de 26 millions de participants en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et en Australie, évaluant une exposition d’un an ou plus. Il s’agit de la plus grande méta-analyse jamais réalisée sur le sujet, qui porte également sur des polluants qui n’avaient pas encore fait l’objet d’une telle analyse auparavant. Elle démontre un lien significatif entre trois polluants et un risque accru de démence :

  • PM2,5 (particules fines) : augmentation de 5 μg/m³ → risque accru de 8 
  • Dioxyde d’azote (NO2) : augmentation de 10 μg/m³ → risque accru de 3 %
  • Carbone noir (PM2,5) : 1 μg/m³ → risque accru de 13 %

LuchtvervuilingComment la pollution atmosphérique affecte-t-elle le cerveau ?

La pollution atmosphérique favorise le stress oxydatif et la neuro-inflammation, des processus qui stimulent la neurodégénérescence. Des recherches génétiques mettent pointent le rôle de mécanismes immunitaires et inflammatoires, notamment les dommages causés par les dérivés réactifs de l’oxygène aux lipides, aux protéines et à l’ADN dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. [2,3] En revanche, certains facteurs liés au mode de vie, comme une alimentation méditerranéenne, de l’activité physique et un microbiome sain, réduisent le risque. [4]

Dementie

Signaux dès le plus jeune âge

L’exposition peut être nocive dès l’enfance : des études menées chez des enfants et des adolescents font apparaître des liens avec l’inflammation, le développement cérébral et la santé mentale. Des études d’autopsie menées dans des villes fortement polluées montrent en effet des changements neuropathologiques associés à des maladies neurodégénératives dès le plus jeune âge. [5]

Effets protecteurs des antioxydants

AnioxidantenHormis par des mesures de contrôle de la pollution, il est difficile de réduire l’exposition à l’air que nous respirons. Une revue systématique d’essais cliniques publiée dans PLoS One indique cependant qu’une supplémentation en antioxydants peut être bénéfique. [6] Cette revue montre que l’huile de poisson et l’huile d’olive peuvent réduire certains dommages cardiovasculaires causés par la pollution atmosphérique grâce à leurs mécanismes antioxydants et anti-inflammatoires. La supplémentation en vitamines C et E a donné des résultats variables, avec un bénéfice potentiel pour la fonction pulmonaire, mais la vitamine C seule n’a pas offert une protection suffisante. Divers autres polyphénols et antioxydants, ainsi que des remèdes botaniques comme la Melissa officinalis, ont été proposés pour limiter les dommages, mais la plupart d’entre eux n’ont pas fait l’objet d’études contrôlées. Compte tenu du fait que la détérioration qui conduit à la démence peut s’étendre sur des années, il est difficile de mener des études de contrôle adéquates à long terme.

Conclusion

La pollution atmosphérique, en particulier les particules fines et le carbone noir, est un facteur de risque modifiable de démence. Des stratégies préventives axées sur le mode de vie, une alimentation riche en antioxydants et la réduction de la pollution pourraient réduire le risque de neurodégénérescence.

Références

  1. Best Rogowski CB, Bredell C, Shi Y, et al. Long-term air pollution exposure and incident dementia: a systematic review and meta-analysis. Lancet Planet Health. 2025. DOI: 10.1016/S2542-5196(25)00118-4.
  2. Heneka MT, van der Flier WM, Jessen F, et al. Neuroinflammation in Alzheimer disease. Nat Rev Immunol. 2025. DOI: 10.1038/s41577-024-01104-7. 
  3. Gogna T, Housden BE, Houldsworth A. Exploring the Role of Reactive Oxygen Species in the Pathogenesis and Pathophysiology of Alzheimer's and Parkinson's Disease and the Efficacy of Antioxidant Treatment. Antioxidants (Basel). 2024. DOI: 10.3390/antiox13091138. 
  4. Ilaghi M, Kafi F, Shafiei M, et al. Dietary supplementations to mitigate the cardiopulmonary effects of air pollution toxicity: A systematic review of clinical trials. PLoS One. 2024. DOI: 10.1371/journal.pone.0304402.
  5. Sukumaran K, Bottenhorn KL, Rosario MA, et al. Sources and components of fine air pollution exposure and brain morphology in preadolescents. Sci Total Environ. 2025. DOI: 10.1016/j.scitotenv.2025.179448.
  6. Ilaghi M, Kafi F, Shafiei M, et al. Dietary supplementations to mitigate the cardiopulmonary effects of air pollution toxicity: A systematic review of clinical trials. PLoS One. 2024. DOI: 10.1371/journal.pone.0304402.